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Traitement efficace et sur...

Remboursez

Lequel ?

vendredi 20 août 2010, par Picospin

Les coûts augmenteraient pour tous les types d’assurés sociaux et représenteraient plus de 5% du revenu disponible des ménages. La hausse des coûts de la santé est particulièrement marquée aux deux extrémités des tranches d’âge. Pour un jeune adulte de 25 ans ayant une complémentaire santé à titre individuel, la hausse du coût de la santé serait de 68% en 10 ans ce qui représente presque 4% de son revenu disponible en moyenne.

Tranches d’âges

Pour un couple de personnes de 55 ans, assurées à titre individuel, le coût aurait augmenté de 62% et représenterait près de 7% du revenu disponible. Pour les plus de 65 ans, les dépenses de santé sont relativement encore nettement plus élevées puisqu’elles représentent jusqu’à 11% du revenu disponible. Cette situation n’est guère près de s’arranger si l’on en croit les prévisions dont le pessimisme est encore plus attristant puisque l’on prévoit une augmentation substantielle des tarifs, de l’ordre de 4 à 7% d’après les prévisions des organismes les mieux placés pour se livrer à ces prophéties. Comme l’intérêt des organismes de couverture des frais médicaux ne se dément pas dans ce secteur, les questions fusent auprès des usagers qui sont invités à s’exprimer clairement sur leurs choix, leurs options et leurs projets d’avenir. En particulier ils ne cessent d’être interrogés sur leurs prévisions, leur comportement futur face à la détérioration financière de leur couverture de santé et leurs options face aux propositions qui leur sont faites en particulier dans les domaines sensibles du choix des produits génériques souvent décriés en raison de l’absence de garantie sérieuse de leurs conditions de fabrication.

Différences de prix

Pire encore, des remarques jaillissent de plus en plus fréquemment sur les importants écarts de prix entre les régions les provenances si l’on en croit certains témoignages qui seraient dignes de foi comme celui qui révèle les différences de cout entre le médicament original et sa copie même si certains consommateurs sont prêts à émettre des doutes sur la qualité des produits pour des raisons qui tiennent plus à des facteurs psychologiques en vue de créer une atmosphère de panique qu’à la réalité des faits. Devant cette nouvelle situation, les malades et leur famille sont de plus en plus enclins à s’adresser au moyen le plus simple, le plus rapide et le moins couteux pour se procurer les médicaments indispensables. La cible est avant tout, comme on pouvait le prévoir, la sollicitation de secours constituée par Internet qui réunit les avantages d’éviter les prescriptions médicales, les visites et consultations du médecins généraliste, et la possibilité de se procurer la précieuse denrée sur un autre sol que celui dessiné par l’hexagone, ce qui élargit l’éventail des choix jusqu’à l’Europe.

Plaintes

Les plaintes d’un côté sont compensées par un indice de satisfaction qui se situe plus du côté de l’éthique que de celui des impacts financiers. Pendant que ceux-ci augmentent d’une manière régulière sinon disproportionnée, l’étau se resserre autour d’un sentiment plus optimiste en ce qui concerne les efforts de solidarité que l’on voit poindre à l’horizon si l’on en croit les efforts accomplis par la population pour réduire les dépenses de santé de la nation dans l’optique de les rendre plus disponibles pour les plus démunis et ceux qui en ont un véritable besoin. Un dernier point mérite un débat plus élaboré encore. C’est celui des nouvelles modalités de remboursement des frais médicaux de la part des mutuelles. Celles-ci souhaitent – et c’est leur droit autant que leur mission – ne rembourser qu’à bon escient c’est-à-dire à condition que le traitement prescrit soit reconnu sinon garanti comme efficace. Aborder ce chapitre de la médecine, c’est toucher à l’édifice entier de la pratique de cet art. Si l’on admet qu’il est destiné à soigner puis à guérir, il est plus que logique d’exiger une obligation de résultat.

Problèmes épineux

Or c’est cette dernière qui pose les problèmes les plus épineux à résoudre. Il est à craindre qu’une seule agence, un seul organisme, une seule autorité, si compétente qu’elle puisse être n’est pas apte dans tous les domaines à offrir des garanties d’efficacité, de sécurité et d’innocuité. Cette opération tient plus de la magie que de la réalité des laboratoires, des centres d’essai et de fabrication des produits. La puissante et unique FDA ("Food and Drug Administration") n’y parvient pas toujours et nombreux restent les produits qui en phase 4 des essais cliniques révèlent encore des failles dans la qualification des effets secondaires ou délétères. Penser que l’on pourra à court terme combler cette lacune tient encore de la gageure plus que de l’objectivité de jugement d’une situation donnée.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la marque de la réflexion éthique actuelle n’est pas la tension surtout quand il n’y a pas de solution qui s’impose sans discussion avec une évidence claire ?

2. La discussion peut rester ouverte mais le choix doit être fait. Faut-il l’assumer à n’importe quel prix ?

3. En l’absence de loi divine transmise ou de code moral hérité quelle est la difficulté d’exercer seuls et souverainement notre liberté ?

4. Quel peut être le rôle du principe de précaution dans la difficile gestion de la décision thérapeutique à prendre en raison des souffrances possibles liées à l’incertitude des résultats et à l’imperfection des techniques et des risques du
traitement ?

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