Ethique Info

Accueil > Médecine > Prend-on les mêmes pour recommencer ?

A propos de la conférence internationale sur la prévention du SIDA

Prend-on les mêmes pour recommencer ?

Qui doit s’en occuper ?

mardi 20 juillet 2010, par Picospin

La surprise de cette catastrophe était telle que de nombreux touristes n’ont pas hésité à revenir sur place quelques semaines à peine après la survenue de ce malheur, pour constater les dégâts avec sans doute un certain gout de l’évènementiel et du morbide.

Nouvelle étape de prévention

Le retour de tels dégâts étant désormais moins probable, nous sommes passés brutalement à une autre étape de la prévention et des mesures qu’il faut prendre pour en diminuer les probabilités de survenue. Cette fois, c’est le retour du SIDA dont on s’est préparé à analyser les possibilités de prises de précautions à l’occasion d’une conférence internationale qui se tient à Vienne en Autriche. La conférence de Vienne sur le sida, qui rassemble près de 25 000 participants, s’est ouverte hier soir dans une scénographie, devenue immuable avec une manifestation d’activistes inquiets d’une remise en cause des financements internationaux. Cette conférence, miroir de l’engagement politique mondial, se tient sans personnalités politiques d’importance, une première. « Le sens de ma venue est clair : réaffirmer l’engagement de la France sur le plan international, mais aussi sur le plan national où nous sommes en train de préparer le 5e plan de lutte, qui doit traduire une inflexion forte de la politique de santé en ce domaine, car je pense que nous sommes aujourd’hui en mesure de casser l’épidémie dans notre pays », a déclaré à ce sujet la Ministre de la Santé et des Sports, fraichement rentrée de son expédition prolongée en Afrique du Sud à l’occasion du déroulement de la Coupe du Monde de Football dans laquelle elle a été invitée par le Président de la République à intervenir pour calmer le jeu des différends souvent violents intervenus au sein de l’équipe de France.

Beaucoup de bruit pour rien (Shakespeare)

Cette situation avait mis en émoi le bon peuple de France et même ses serviteurs les plus zélés au gouvernement en raison de la culpabilisation qui se rapprochait dangereusement du pouvoir. Elle n’était après tout que la suite logique d’une politique étrange de sélection et d’organisation des structures dont les secrets échappent encore à toute investigation sérieuse et approfondie. Cet épisode sans importance réelle n’avait qu’une importance secondaire par rapport aux erreurs d’appréciation commises lors de la mise en place de la vaccination antigrippale qui n’avait fonctionné ni en tants que critères d’efficacité, ni en nombre de personnes vaccinées ni en termes de gaspillage du surnombre des doses de vaccins commandés dans l’urgence et l’angoisse. A cette agitation, la Pologne a répondu en déclarant qu’elle n’avait vacciné personne et que malgré ces mesures minimales, voire nulles, la grippe ne s’y était guère répandue. A cette politique simple et claire, les réponses de la France par la voix de la Ministre ont paru un peu floues comme en témoigne la déclaration ci-dessous : « Le document qui a circulé n’était pas le plan finalisé mais un document de travail, je regrette qu’il y ait eu sur ce sujet une incompréhension. En tout cas, nous travaillons sur le plan lui-même et nous allons intégrer tous les rapports réalisés sur ce sujet. Sur la base de ces nombreuses contributions et après une nécessaire phase de concertation avec les acteurs, notamment le Conseil national du sida et la Conférence nationale de santé, je présenterai le plan à la rentrée. »

Un autre plan de Santé Publique

Je veux aller vers un plan de santé publique, par le renforcement du dépistage au sein de la population générale dans le cadre du système de soins avec les médecins traitants, réformer le dispositif du dépistage anonyme et gratuit et sur des groupes plus ciblés, comme les gays, je veux ouvrir, 10 centres de dépistage dans lesquels les associations interviendront après avoir réglé quelques difficultés juridiques tout en gardant comme objectif principal la déstigmatisation et la banalisation des opérations. On espère que la conférence portera des fruits plus mûrs et moins abimés que les actions de vaccination mises en place il y a à peine quelques semaines contre la petite pandémie grippale, inutilement grossie par l’OMS. On veut croire aussi que les leçons apprises à l’occasion de cette opération nationale engagée à grands renforts de bruits porteront aussi d’autres fruits et permettront de gérer cette nouvelle affaire sanitaire avec intelligence, raison, pertinence, science, économie de moyens et discrimination, voire avec l’introduction d’une équipe de santé publique avisée, rompue à le solution de difficultés inattendues, sinon urgentes.

Épilogue (provisoire)

Les réactions ont été enthousiastes mardi à Vienne, après l’annonce des résultats d’une étude montrant qu’un gel vaginal microbicide contenant un antirétroviral pouvait entraîner une forte réduction du risque d’infection au VIH chez les femmes.
A plusieurs reprises, les participants à la conférence ont applaudi debout les réalisateurs de l’étude, Salim et Quarraisha Abdool Karim. Les inquiétudes sur les fluctuations des financements de la recherche, la prévention et le traitement du sida semblaient oubliées dans l’immense centre de conférence qui accueille jusqu’à vendredi 20 à 25.000 personnes.