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Les laboureurs de l’éthique

Les chemins de l’éthique tournant sur elle-même

Comment les nourrir ?

jeudi 4 février 2010, par Picospin

Pour avoir répété que l’éthique conduisait à la joie, savait distinguer le bien du mal, le bon du mauvais, le bonheur et la vie bonne de celle qui l’est moins ou pas du tout, ce martèlement ne suffit pas à éclairer les profanes et aussi ceux qui se targuent d’être des spécialistes ou des professeurs d’éthique sur les sujets capables de réaliser un véritable débat d’ordre éthique.

A ce stade on peut se demander qui va décider de ce qui est éthique ou qui mérite de l’être ? Et sur quels critères va-t-il s’appuyer pour justifier l’organisation d’une véritable discussion sur tel ou tel sujet ? Sur la burqa, la réforme de l’enseignement, la pêche au thon rouge, l’accès des femmes aux postes trop souvent occupés par les hommes ? Quelle est l’autorité qui va soutenir une demande de confrontation sur tel ou tel sujet dont certains peuvent penser qu’il relève de l’éthique ? Cette question mérite d’être posée parce qu’elle l’est rarement et qu’on ne sait pas comment y répondre et qui doit être chargé de trancher la question de l’adéquation d’un débat à tel ou tel sujet ? Cette interrogation relève d’autant plus du doute et de l’inconnu que les thèmes se multiplient qui intéressent les protagonistes de plus en plus nombreux qui s’intéressent à ce sujet et se demandent comment et par quel intermédiaire ou organisme passer pour soumettre une question au débat éthique depuis la saisine d’organismes, d’autorités et de sages afin qu’ils répondent aux angoisses, interrogations et doutes des personnes impliquées dans les multiples applications des thèmes qu’ils effleurent tous les jours sans être sûrs que ce qu’ils font est bien ou mal et comment il peut être jugé par des intervenants extérieurs dont la neutralité peut toujours être remise en question. La difficulté de la discussion éthique réside dans sa nature même qui est de se déterminer entre deux biens et non entre un bien et un mal ce qui serait une tâche nettement plus simple, plus constructive et plus positive. L’éthicien, s’il existe, ce qui n’est pas le cas en France, doit encore être décrit, détaillé, dessiné sinon caricaturé avant que lui soit confiée la tâche extrême de décider du bien et du mal. A moins que ces deux entités aient du mal à exister, sinon à coexister ce qui serait déjà un premier obstacle, sans doute inconstamment rédhibitoire, pour éviter toute discussion utile si on se place sur le strict terrain téléologique. Un des exemples les plus récemment décrits est la confrontation qui s’est développée entre deux institutions et deux groupes d’hommes s’occupant de prévoir l’évolution du climat pour la fin de ce siècle finissant. Les uns sont ou paraissent dûment mandatés pour étudier, analyser, prédire et faire tirer aux intéressés, c’est-à-dire à tout le monde sinon à la totalité de la population de la planète, les conséquences éventuelles du réchauffement climatique. Cette prophétie aurait pour conséquence de poser une situation éthique puisque dûment avertie, la population serait coupable pour sa descendance de ne pas protéger sa descendance par le principe de précaution. Ce dernier vient de s’ériger en principe moral absolu. Il tend à culpabiliser tous les habitants de la planète des lourdes conséquences malheureuses, négatives et dommageables susceptibles d’intervenir si les mesures de prévention ne sont pas appliquées dans leur intégralité en toute connaissance de cause, c’est-à-dire qu’elles ne seraient ni planifiées, ni prévues, ni organisées, ni exécutées sous peine de voir le monde bouleversé, les êtres vivants transformées, les maladies installées et favorisées et les conditions de vie sur terre troublées par des conditions d’existence incompatibles avec le bien être et la survie à terme par excès de chaleur, de sécheresse ou d’humidité. Dans l’autre camp, on nie cette prédiction arguant du fait que les Cassandre rassemblés le sont pour profiter de la candeur, de la naïveté et de l’ignorance du peuple et des profanes et pour tirer de leurs maigres ressources, de leur angoisse et de leur pauvreté des moyens pour tenter de réparer une situation de catastrophe. De la sorte, on tire du plus d’éthique tout ce qu’il y a de compatible et de justification du moins d’éthique. Regardez un peu ce qui se passe du côté du GIEC et de ses opposants qui comptent parmi eux des scientifiques de haut rang, connus et reconnus et dont la parole et les opinions, bien que parfois contestés, sont malgré tout appréciées bien que critiquées. C’est le chemin de l’éthique vers l’éthique, tournant indéfiniment sur elle-même….