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A l’heure des choix techniques

Légende des automobiles

Hydrogène, gazole ou électricité ?

samedi 20 décembre 2008, par Picospin

La question dès lors surgit du fond de la terre et du haut des cieux : doit-on intervenir dans le monde ou sur le monde ou doit-on l’accepter tel qu’il est avec ses rugissements, ses colères, ses larmes et ses lames ?

Les roues de Pégase

Le Dieu d’Israël avait l’habitude d’être irritable, courroucé, souvent de mauvaise humeur et peu prompt à pardonner. Est-ce pour cette raison que Celui des Chrétiens s’est adouci, a même envisagé de tourner sa joue vers l’agresseur qui le frappait au lieu de la cacher, de la défendre et de s’en servir pour parler, protester, se plaindre, crier de peine, de détresse, de douleur, de colère et d’agressivité. Dans quelle mesure, l’homme comme individu ou rassemblé dans le politique, le social, l’associatif a-t-il le devoir, l’obligation, la responsabilité d’intervenir sur le monde pour le changer ? S’il le considère comme le résultat de l’action d’une création à partir d’un créateur qui présente son oeuvre créée, doit-il ou peut-il prendre une position d’observateur neutre comme on le ferait sous l’angle du panthéisme qui identifie Dieu et le monde, à la fois le créateur et la création. A moins qu’une forme de panthéisme parvienne à résorber intégralement le monde en Dieu comme sa simple manifestation. L’autre considère, comme dans l’école stoïcienne, le divin comme une force, une énergie, un souffle vital qui anime le monde à l’instar du néoplatonisme dont le succès contamina des penseurs chrétiens comme Maître Eckhart ou plus tard Giordano Bruno et finalement Hegel qui laisse le souvenir d’un partisan cohérent de l’unité du fini et de l’infini du monde et de Dieu. Vous me direz que nous sommes actuellement fort éloignés d’une réflexion sur l’état moderne du monde qui se trouve peut-être à la croisée des chemins, qui après un passage étroit et dangereux mènent l’un et l’autre ou l’un ou l’autre vers la renaissance d’une société qui épuise, avec sa morale et sa vacuité les possibilités de toute translation vers un autre univers où il pourra retrouver d’autres solutions, se poser d’autres questions pour envisager les choix à concrétiser envers un retour au passé selon un mouvement cyclique qui finira bien un jour par une fatigue, comme celle des métaux, sinon une lassitude et une interruption ou un arrêt d’activité. Prenez le cas de l’automobile que les usines américaines construisent depuis la nuit des temps de la même manière avec leur lourdeur, leurs dimensions disproportionnées, leurs gigantesques besoins énergétiques.

Passer par un Detroit

N’est-il pas temps, juste en ce moment au nadir de la crise économique de renverser la vapeur, si l’on peut dire, pour imaginer, dessiner, concevoir, créer les voitures de demain, celles qui ne tarderont pas à sortir des usines européennes ou asiatiques, petites, concentrées, « compactes », légères, remplies d’hydrogène ou propulsées par l’électricité, capables de se faufiler entre les rues sans trottoirs de Rome ou de Naples, les routes encombrées de vaches sacrées de l’Inde, les bicyclettes chinoises de Pékin. Exciter les esprits et mobiliser les corps n’est-ce pas plus séduisant que de s’enfoncer dans la dépression par les gestes répétés, la soumission au modèle, la terreur de l’innovation débouchant sur une séquence d’actes mille fois répétés que les robots sortis des imaginations japonaises construiront mille fois plus vite, dix fois mieux, cent fois mieux finies. Alors, au bout de cette route, la vraie, pas celle qui joint les mégapoles mais celle qui montre le chemin vers la lumière, ne s’agit-il pas d’encourager Barak Obama à suspendre toute subvention pour les tanks américains condamnés tôt ou tard à l’immobilité sinon à l’immobilisme et aux consommateurs de gazole français qui finiront bien un jour par asphyxier les mammifères que nous sommes avant de s’attaquer aux dieux même s’ils sont inspirés par Ford, Citroën ou Renault, sinon une certaine Mercedes, déesse wagnérienne d’un siècle révolu qui a bien maigri pour accorder une danse à son prochain propriétaire.