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Une énigme persistante bientôt résolue ?

dimanche 30 novembre 2008

Dangers du "fast food"

Le fast-food, qui consiste en une alimentation riche en sucres, en graisses et en cholestérol, favorise le développement de la maladie d’Alzheimer, selon une thèse de doctorat soutenue à l’Institut Karolinska de Stockholm en Suède. Des souris ayant reçu pendant neuf mois une nourriture riche en graisse, en sucre et en cholestérol ont développé des anomalies cérébrales similaires à celles présentes chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Susanne Akterin et ses collègues ont constaté, chez des souris modifiées génétiquememt, une augmentation du phosphate attaché aux protéines tau qui dans cette pathologie s’accumulent à l’intérieur des cellules nerveuses et les empêchent de fonctionner normalement. Le cholestérol réduisait également les niveaux d’une autre substance, la protéine Arc, impliquée dans l’encodage de la mémoire. Ces souris avaient d’abord été modifiées génétiquement afin d’imiter l’effet d’une variante d’un gène humain, « l’apoE4 », qui est un facteur de risque de la maladie et dont l’une des fonctions est de transporter le cholestérol. Un apport élevé en graisse et en cholestérol, combiné à des facteurs génétiques, peut affecter plusieurs substances du cerveau et être une des causes de développement de la maladie d’Alzheimer. Des recherches précédentes ont montré qu’un apport alimentaire relativement faible en antioxydants peut aussi augmenter le risque de cette maladie dégénérative du système neveux. Cette recherche a montré que certains antioxydants présentent des signes de dysfonctionnement dans le cerveau des personnes atteintes de cette pathologie ce qui pourrait conduire à la mort des cellules nerveuses. Des chercheurs ont signalé une avancée importante dans le développement d’un test sanguin pour le diagnostic précoce, avant l’apparition des symptômes incapacitants, de la maladie d’Alzheimer.

Un nouveau test

Une équipe de chercheurs de l’Université Stanford aux Etats-Unis a développé un test qui identifie les personnes susceptibles de recevoir un diagnostic de la maladie avec une précision de 90%, et qui prédit quelles personnes ayant des pertes de mémoire légères vont développer la maladie 2 à 6 ans plus tard avec une précision de 80%. Ces résultats sont considérés prometteurs mais préliminaires par les experts. Ils devront être validés ultérieurement par des études à plus grande échelle. Actuellement, la maladie est diagnostiquée au moyen d’une batterie de tests mentaux dont l’interprétation des résultats dépend encore du jugement du médecin. Par ailleurs, les traitements actuels de la maladie ne sont guère efficaces. La véritable utilité d’un test de diagnostic précoce viendra devrait devenir prégnante avec l’apparition de médicaments capables de ralentir ou d’arrêter la progression de la maladie et qui seraient utilisables, de préférence, avant la diminution patente des capacités cognitives. Plusieurs traitements sont actuellement testés. De substantielles recherches sont réalisées pour trouver des marqueurs précoces de la maladie dans le sang, l’urine, le liquide cérébrospinal, l’étude des mouvement oculaires et celle des technologies dérivées de l’imagerie cérébrale. Les résultats les plus probants jusqu’à maintenant concernent un test portant sur deux protéines présentes dans le liquide cérébrospinal et qui est utilisé dans certains pays d’Europe, selon les déclarations du Dr. Dennis Selkoe de l’Université de Harvard. Un test sanguin serait beaucoup plus pratique mais il n’est applicable que si la maladie provoque des modifications physiopathologiques à l’extérieur du cerveau et susceptibles d’être détectées dans le sang.

Des signaux de détresse

Des études animales ont suggéré que le cerveau affecté par la maladie d’Alzheimer envoyait des signaux au système immunitaire. Une équipe a donc décidé, plutôt que de considérer toutes les protéines dans le sang, d’investir son programme de recherche sur celles impliquées dans la communication entre les cellules, espérant ainsi intercepter celles reliées spécifiquement à la maladie. En mesurant la quantité de 120 protéines impliquées dans les communications entre cellules, il s’est avéré que 18 d’entre elles permettaient de distinguer les échantillons sanguins provenant des personnes porteuses de la maladie. Selon le chercheur, étudier les communications entre cellules pourrait être un moyen de développer des tests diagnostics pour d’autres maladies. Et comprendre pourquoi les concentrations de ces 18 protéines sont différentes chez les personnes souffrant de l’Alzheimer pourrait fournir une meilleure compréhension de la maladie. Le chercheur espère ainsi rendre le test disponible à des fins de recherches au cours de l’année prochaine. Mais même si ces résultats préliminaires sont validés, il faudra probablement attendre quelques années avant qu’un test soit approuvé pour l’utilisation clinique.

Source : New York Times