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TGV : une réussite ou un gouffre ?

vendredi 28 novembre 2008

Un Eurostar Londres-Paris en panne dans le tunnel sous la Manche

Un Eurostar Londres-Paris est tombé en panne dans le tunnel sous la Manche, peu après midi, et devrait accuser quatre heures de retard, selon la SNCF. Cet incident sur la ligne de prestige Paris-Londres n’est pas la première du genre. Il y a quelques semaines un TGV sur ce trajet est arrivé avec plusieurs heures de retard. On manque en réalité d’explications rationnelles sur les causes de ces incidents et les possibilités éventuelles d’y faire face. Est-ce que le raccourcissement de la durée des voyages grâce au TGV est un argument suffisant pour inciter la population à se sacrifier financièrement pour cette opération de prestige dont les effets pervers ne sont pas négligeables pour peu qu’on veuille bien les rapporter aux nécessités économiques et sociales qu’en temps de crise surtout le peuple est contraint d’endosser. Pendant que cet engin prestigieux transporte à des vitesses record les plus riches, d’autres sont obligés de se passer de moyens de transport en commun vers les villes et les villages qui ont été désertés par les trains, autrefois chargés d’apporter la vie au plus loin pour irriguer le territoire de produits alimentaires, de personnes qui sont sur le point de déserter des régions qui le sont déjà passablement. Dans ce débat qui reste éthique sur plus d’un point, on peut arguer que les voitures sont capables de remplir la mission brève d’un transport particulier ou que des cars confortables peuvent assurer des transports en commun. Tout ceci est vrai à condition que les carburants classiques continuent d’alimenter les voitures, qu’il en reste suffisamment jusqu’au moment où une soudure pourra être réalisée pour utiliser de nouveaux modes de propulsion et que les ingénieurs auront eu le temps de mettre au point des véhicules de nouvelle génération. Pendant ce temps, les SDF couchent dehors, les enfants ne sont pas constamment transportés sur leur lieu d’apprentissage et d’enseignement et les établissements scolaires s’étiolent dans des environnements peu hospitaliers pauvrement décorés, plus tristes que charmants, sous la direction d’enseignants mal rémunérés qui ne se plaisent que moyennement dans ces décors parfois sinistres et qui n’incitent pas toujours à l’acquisition des connaissances, à l’enthousiasme nécessaire à la création et à l’imagination et à s’allonger dans la verdure, les parcs et jardins plus propices à la construction de l’homme qu’à des déplacements entrepris sur un rythme si rapide que peu de gens ont le temps de voir le paysage, les gares et villages du passé, si ce ne sont les vaches broutant dans les prés.